Après le succès de ses précédentes apparitions, le chef Diego Ceretta retrouve avec bonheur l’Orchestre et le Chœur de l’Opéra national Montpellier Occitanie, préparé par Noëlle Gény. Il nous offre un diptyque rare et contrasté, où le génie de Beethoven dialogue avec la ferveur tragique de Cherubini.
En ouverture, la Fantaisie chorale opus 80 de Beethoven : une œuvre hybride, malicieuse et visionnaire, souvent décrite comme « l’ancêtre » de la Neuvième Symphonie. Piano, chœur et orchestre s’y répondent dans un crescendo vertigineux, de l’improvisation solitaire à l’hymne collectif à la joie. Lui fait suite le Requiem en ut mineur de Luigi Cherubini, immense partition funèbre que Beethoven lui-même admirait profondément. Loin de l’opéra, Cherubini atteint ici une sobriété saisissante, entre terreur sacrée et douceur consolatrice. Un chef-d’œuvre du classicisme tardif, trop rarement entendu. Une soirée de feu et de recueillement, où le chœur est roi.